Pourquoi les femmes aiment-elles les bad boys?

Avec l’histoire des jeunes fugueuses de Laval qui tombent entre les griffes de proxénètes, on a récemment beaucoup parlé des mauvais garçons. Plusieurs se demandent, dont le chroniqueur Richard Martineau, qui en a fait le sujet de l’une de ses récentes chroniques, pourquoi les femmes ont un faible pour les bad boys.

Par Alexandra Roy

Pour les faire vibrer

Eh bien, ce n’est pas compliqué. Selon le psychologue et auteur Yvon Dallaire : «Les femmes ont un double agenda. Elles recherchent un bad boy pour les faire vibrer et un bon gars pour l’engagement et l’éducation de leurs enfants.»

Or, le problème, c’est qu’on ne peut avoir les deux. Pour être heureuses, les femmes doivent donc faire un choix, en l’occurrence opter pour le bon gars. Le défi d’un couple heureux, selon le spécialiste des relations amoureuses, est de briser la routine – inévitable dans toutes les unions – afin de maintenir la flamme entre les deux partenaires.

«Ce genre de femme-là (qui aime les bad boys) doit accepter une baisse d’intensité passionnelle pour accepter un peu plus de stabilité (en choisissant le bon gars). Cette dernière risque évidemment de devenir ennuyante et routinière, mais le défi d’un couple, c’est justement de garder un juste milieu entre l’intensité, qui ne peut pas durer éternellement, et une sécurité et une stabilité, qui risquent de devenir ennuyantes. On ne peut pas éviter la routine, mais on peut s’organiser pour la changer régulièrement pour entretenir un certain désir», dit-il.

La quête incessante de la passion

Les femmes – tout comme les hommes – sont à la recherche de papillons dans l’estomac, de cette flamme qui brûle et qui n’est jamais éternelle que l’on appelle la passion et qui fait en sorte que l’on croit aimer une personne sans même la connaître. On l’aime pour les fantasmes et les rêves qu’elle fait naître en nous, pour ses attraits physiques et les sentiments intenses que l’on ressent en sa présence.

Or, selon Yvon Dallaire, on ne peut aimer une personne sans la connaître. On peut éprouver du désir, certes, mais pour parler d’amour, il doit y avoir connaissance de l’autre sous son vrai jour.

«Au moment de la passion, je ne suis pas en amour avec l’autre, je suis en amour avec des sentiments, des émotions et des rêves; c’est très narcissique comme sentiment», dit-il.

Dépendance affective

Je suis d’accord avec Richard Martineau lorsqu’il mentionne aussi que les filles qui n’ont pas confiance en elles ont tendance à être plus attirées vers les mauvais garçons qui ne les traitent pas bien. En ce sens, peut-être s’agit-il également d’un problème de dépendance affective.

En général, les filles qui sont dépendantes affectives ont manqué d’amour dans leur jeunesse, en raison d’un parent absent, et cherchent à combler ce manque en s’amourachant – souvent sans le savoir – de partenaires ressemblant à leur parent fautif.

Mauvais choix de partenaire

Elles choisissent par exemple un partenaire indisponible émotionnellement, car cela leur rappelle leur père qui n’était pas là pour elles, et tentent par tous les moyens de conquérir cette personne en vue de récupérer cet amour perdu. Le problème, c’est qu’elles n’y parviendront jamais, choisissant au départ des partenaires qui n’ont pas les capacités de les rendre heureuses.

Selon Robin Norwood, auteure du livre Ces femmes qui aiment trop, ces filles peuvent également choisir un partenaire sadique, froid, distant, abusif ou adoptant tout autre type de comportement négatif leur rappelant le premier contact qu’elles ont eu avec leur parent fautif.

Cela pourrait expliquer pourquoi ces filles ont tendance à tomber entre les griffes de ces séducteurs manipulateurs. Ces derniers leur redonnent la confiance, l’amour et la valorisation dont elles ont besoin pendant un certain temps, pour mieux les manipuler par la suite.

Selon Robin Norwood, la raison qui explique pourquoi ces filles continuent de reproduire le même pattern, c’est-à-dire de s’amouracher de mauvais garçons, est qu’elles n’apprennent pas de leurs expériences malheureuses et continuent de commettre les mêmes erreurs.

Briser le pattern

La seule solution qui existe, pour briser ce pattern malsain, est de prendre connaissance du problème pour mieux le comprendre et de demander de l’aide psychologique au besoin pour y parvenir.

Car, chose certaine, ce n’est pas en choisissant des mauvais garçons que les femmes trouveront le bonheur auquel elles aspirent. Oui, ceux-ci peuvent réussir à les faire vibrer et à les exciter pendant un certain temps – c’est ce qu’on appelle la passion, qui dure tout au plus trois ans, selon Yvon Dallaire –, mais dans le cas des dépendantes affectives, cet amour perdu qu’elles cherchent à récupérer, c’est d’abord et avant tout en elles-mêmes et en faisant la paix avec leur passé qu’elles réussiront à le trouver.

C’est en comprenant que ce n’est pas en s’entichant de partenaires qui les maltraitent ou qui ne les aiment pas en retour qu’elles trouveront le bonheur, mais plutôt en allant vers les bons gars, qui eux, feront de leur bien-être une priorité.

1 Comments

  1. Bon, il semble que c’est réglé. les bons gars ne peuvent faire (vibrer) leurs amoureuses… Bin voyons donc ! Je crois que l’auteur a quelque peu généralisé…
    je pose la question : Est-ce que les femmes choisissent les dits (bad boys) parce qu,ils sont (bad boys) ou parce que ces hommes ont le tour de faire sentir les femmes qu’elles sont importantes, désirables et qu’ils leurs donnent beaucoup d’attentions au moment de la séduction ? Bref, ils leurs donnent ce qu’elles ont besoin. Autre question : Est-il impossible qu’un (bon gars) soit passionné en amour ?

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